Actualités & Publications

News Investisseurs - 21/05/2013

Après Foxconn, la tragédie du Rana Plaza met en lumière les conséquences du dumping sur les droits fondamentaux des travailleurs

L’effondrement du Rana Plaza au Bangladesh qui a entraîné la mort de plus de 1.000 personnes travaillant pour des fournisseurs de grandes marques internationales de textile met une nouvelle fois en lumière l’ampleur et la gravité des conséquences d'un dumping ; sur les droits des travailleurs que les entreprises ont la responsabilité de prévenir dans l'organisation de leur chaîne de sous-traitance.

apres-foxconn-tragedie-rana-plaza-consequences-dumping-droits-fondamentaux-travailleurs

Les résultats des analyses Vigeo font clairement apparaître que les conditions de travail chez les fournisseurs et sous-traitants sont encore largement caractérisées par l’opacité de l’information des entreprises, en particulier  sur  le contenu des audits qu’elles diligentent et sur les mesures correctrices qu’elles déploient en conséquence.

Nos récentes études montrent que 63% des entreprises cotées sous notre revue mettent en place des mesures que Vigeo juge « très limitées» concernant la prise en compte de facteurs sociaux dans leur chaine d’approvisionnement. Seules 12% des entreprises rendent compte des mesures correctrices intervenues suite à l’identification de problèmes liés à la sécurité ou aux libertés des salariés de leurs fournisseurs.

Des alertes concernant des entreprises se fournissant auprès de Rana Plaza, ont été émises par nos analystes à  l’intention de nos clients investisseurs. Par ailleurs les entreprises qui ont signé le 16 mai avec des fédérations syndicales, un accord portant sur la sécurité des usines au Bangladesh, sont mises sous surveillance par Vigeo dans le but de mesurer l’effectivité des engagements pris.
Ces catastrophes résultent de violations persistantes des conventions fondamentales de l’OIT (Organisation Internationale du Travail), relatives à la liberté syndicale et aux conditions de travail décentes, à la faiblesse ou à l’absence de droit social et à l’absence d’inspection du travail dans les pays concernés.

Le caractère souvent formel ou artificiel des codes de conduites et des chartes éthiques des donneurs d’ordres, la pression à la baisse des prix que subissent les acheteurs et l’enchevêtrement des acteurs impliqués tout au long de  la chaine d’approvisionnement rendent peu opérantes, les principes qu’ils affichent.

L’impact de cette tragédie sur la réputation et l’image de marque des entreprises concernées, ses conséquences économiques directes en termes de rupture de la chaine d’approvisionnement, les mouvements de protestation de travailleurs qui ont généré des fermetures d’usines, ont conduit des entreprises et des gouvernements à réagir. Certains gouvernements ont annoncé leur intention de renforcer leurs réglementations pour faire évoluer les conditions sociales de cette industrie encore très controversée. L’Union européenne a indiqué de son côté, qu’elle engageait des actions en vertu de ses règles commerciales.

La situation du Bangladesh n’est pas une situation isolée, elle est reproductible à tout moment dans d’autres endroits du globe, notamment en Amérique latine et en Asie, l’effondrement d’une usine au Cambodge le 16 mai en est la triste illustration.

Thèmes : Droits Humains, Monde