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Etudes sectorielles - 26/10/2018

Les Banques (supranationales) de développement : des engagements environnementaux et sociaux avancés mais de sévères controverses y compris sur l’éthique des affaires

Vigeo Eiris vient d’actualiser la notation de 11 banques de développement supranationales. Ces entités obtiennent les meilleurs scores environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) des 39 secteurs notés par l’agence. Mais ce secteur concentre 45 controverses de sévérité élevée.

Principaux constats :

  • Le secteur « Banques de Développement » sous revue de Vigeo Eiris est composé de 11 institutions financières internationales créées à l’initiative de deux ou plusieurs pays pour servir des objectifs plus ou moins précis de développement économique et social.
    Ces institutions peuvent jouer un rôle crucial dans le soutien à la transition vers une finance durable : certaines ont des mandats spécifiques, comme Eurofima (visant à soutenir le développement du transport ferroviaire en Europe) ou la Banque de développement du Conseil de l’Europe (favorisant la cohésion et l’intégration sociales en Europe) ; d’autres ont des mandats régionaux spécifiques, comme la Banque européenne d’Investissement, la Corporación Andina de Fomento en Amérique latine, les banques de développement eurasiennes ou la Banque Nordique d’Investissement.
  • Vigeo Eiris a attribué une note globale moyenne de 52/100 aux entités de ce secteur, une performance avancée et stable depuis notre précédente analyse en juillet 2016Comme lors de notre précédente revue, le secteur vient en tête des 39 secteurs d’activité analysés par Vigeo Eiris (soit un univers de 4 500 entreprises).
  • Le taux de reporting du secteur « Banques de développement » est de 81%, nettement supérieur à la moyenne des taux d’informations diffusées par les émetteurs de titres en action et en obligation à l’échelle mondiale (54%).
  • Les scores de maîtrise des risques juridiques (54/100) et de réputation (53/100) sont robustes. En effet, les Banques de développement rendent davantage compte des politiques et des dispositifs qu’elles mettent en place pour maîtriser les risques liés à :
    • la prévention de la corruption
    • la prise en compte des impacts, coûts et bénéfices environnementaux et sociaux de leurs financements de leurs interventions .
  • En revanche, la performance de ces entités apparaît moins probante en termes de maitrise des risques liés à la valorisation et la cohésion de leur capital humain (44/100). Leurs scores sont limités pour ce qui concerne leur capacité à rendre compte de leurs engagements en faveur de l’amélioration des compétences et la gestion des carrières de leurs employés et en matière de prévention des risques psychosociaux (stress).
  • Le secteur « Banques de développement » est confronté à 45 sévères controverses, le plus souvent liées à la prise en compte des risques liés à l’éthique des affaires dans les projets financés (corruption, blanchiment de fonds), aux droits humains fondamentaux et au changement climatique.

Principales conclusions

  • Dans l’ensemble, les acteurs de ce secteur formalisent bien leurs engagements de lutte contre le changement climatique et de soutien à la transition vers une économie sobre en carbone est robuste, ils recueillent à cet égard un score de52/100. Toutefois, seules quelques institutions divulguent le taux d’émissions de gaz à effet de serre (GES) associé aux projets qu’elles financent (la Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement, la Banque Européenne d’Investissement et la Banque Asiatique de Développement).
  • Les banques de développement sont exposées aux risques liés à l’éthique des affaires à travers leurs projets et leurs opérations : elles doivent veiller à ce que leurs ressources ne soient pas utilisées à des fins illicites et contribuent à améliorer les conditions de vie des populations locales. A cet égard, le secteur affiche une bonne performance avec un score moyen de 59/100. Les banques de développement travaillent collectivement pour renforcer leurs pratiques anti-corruption au niveau international.
  • Les banques de développement, par leur capacité à collecter et mettre en circulation des ressources publiques et privées et à recueillir les placements des investisseurs institutionnels peuvent apporter une contribution de premier plan à la réalisation des objectifs de développement durable (ODD). Toutefois, la notation du secteur révèle que sa mobilisation sur la thématique des ODD est encore limitée et que les banques de développement ne semblent pas encore avoir mis au point d’outils pour mesurer leur contribution à ces objectifs et en rendre compte.
  • L’absence de pratiques fiscales responsables qui peut causer d’importantes distorsions macro-économiques et sociétales, devient un risque significatif pour le secteur. La société civile appelle les banques de développement à adopter des politiques plus strictes sur les paradis fiscaux, à aller au-delà des exigences légales minimales et à jouer le rôle de chef de file en matière d’intégrité fiscale au niveau international. Pourtant, seules quelques institutions affichent des politiques spécifiques et des dispositifs robustes à cet égard, incluant en particulier une due diligence permettant l’identification des bénéficiaires réels et l’exclusion ou le transfert des investissements liés à des juridictions peu transparentes.

Thèmes recueillant les engagements les plus avancés :
o Prise en compte des impacts environnementaux dans le financement de projets
o Prévention de la corruption, du blanchiment et des risques de financement du terrorisme
o Amélioration de l’étendue et de la profondeur des mécanismes d’audit et de contrôle interne

Thèmes recueillant les engagements les moins avancés :
o Amélioration continue des conditions de santé et sécurité au travail
o Clarté de la corrélation entre les rémunérations des dirigeants et les performances à long terme
o Formalisation de la stratégie environnementale en matière de gestion des impacts directs

Entités Top Performers :
o Banque Asiatique de Développement (69/100)
o Banque Internationale pour la Reconstruction et le Développement (68/100)
o Banque Européenne d’Investissement (66/100)

Meilleures progressions depuis 2016 :
o Banque Asiatique de Développement (+8)

Pour consulter un extrait de notre rapport sectoriel 2018 sur les banques de développement, téléchargez le document ci-dessous.
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En téléchargement :
icon-download-34x36 Key Findings_Development Banks_August 2018
Thèmes : ESG, finance